De la crise laitière à la Légion d’honneur : le combat de Laurence Cormier pour les femmes du monde rural
Laurence Cormier, éleveuse laitière à la retraite et médaillée de la Légion d’honneur, parle de son parcours et surtout de l’association qu’elle a créée il y a bientôt dix ans, Les Elles de la Terre, à destination des femmes du monde rural.
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Pour la Journée des droits des femmes, Laurence Cormier, éleveuse laitière dans le Sud Mayenne, maintenant à la retraite, raconte son parcours et le pourquoi de la création de son association Les Elles de la Terre, une association destinée aux femmes dans le milieu agricole. « La femme est l’agent secret du monde rural, disait le sociologue et philosophe Edgar Morin », s’amuse à rappeler Laurence, les yeux pétillants. Pour son travail, elle a reçu la Légion d’honneur de la préfète Marie-Aimée Gaspari, il y a presque un an, le 21 mars 2025. Non issue du milieu agricole, elle en a pourtant épousé l’univers, avec sa beauté et ses fragilités durant de très nombreuses années. Elle reste toujours engagée, même retraitée, veilleuse MSA ou membre actif de FranceAgriTwittos.
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Les Elles de la Terre est partie d’un petit groupe de parole sur Facebook entre agricultrices, en 2016, en pleine crise laitière. « On avait plein de choses à dire mais on était entendu – un peu comme je le dis souvent – à l’image d’une musique de fond dans un restaurant. On l’entend, mais on ne l’écoute pas ! » analyse-t-elle. Et quand l’écran de l’ordinateur s’éteint, la solitude revient. Aussi Laurence ira plus loin pour que les femmes se retrouvent physiquement au sein d’une structure. Et Les Elles de la Terre voit le jour en janvier 2017, avec l'appui de quatres autres agricultrices.
Témoigner
« Nous sommes toutes différentes et c’est ce qui fait notre richesse. Le but de notre association est de pouvoir s’exprimer sans jugement, de respecter le choix de vie de chacune avec bienveillance, d’élargir nos connaissances pour trouver des solutions ensemble et de pouvoir avancer sereinement. Nous avons ce qu’il y a de plus vrai aujourd’hui, la parole. Parler pour ne plus être seule, parler pour éviter le pire, parler pour exister », peut-on lire sur le site internet de l’association.
Avec les mots, Laurence continue inlassablement de semer des graines de vie, en faisant parler les femmes, à l’image de Christine, ancienne éleveuse, dont le témoignage rare montre la solitude et les non-dits de certaines fermes isolées. Laurence s’est aussi lancée dans les podcasts.
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